ETATS-UNIS – PORTUGAL : 3-2

5 juin 2002, Premier tour, groupe D – World Cup Stadium, Suwon (Corée du Sud)

Le kid de Brooklyn dégaine très vite. Et Luis “Desperado“ Figo en mord la poussière d’entrée de jeu. Drôle de western sur les terres bouddhistes. Dès la 4e minute, la sélection américaine, dirigée par le New Yorkais Bruce Arena, appuie sur la détente et John O’Brien profite des errements de la défense portugaise pour braquer le coffre-fort de la banque du FC Porto, Vitor Baia, qui voit ses dollars s’envoler. Shérif, fais-moi peur !

Autour de la demi-heure de jeu, les onze “Salopards“ US font un carnage dans le saloon lusitanien. C’est d’abord Jorge Costa, soulé par le breuvage frelaté, qui détourne malencontreusement dans son propre but un centre-tir de Landon Donovan. Deux balles à zéro… Le troisième tir est fatal. D’une tête plongeante, Brian McBride joue les vautours affamés sur le cadavre de la Selecção. Le duel a tourné court, mais surtout pas de la façon dont on l’imaginait.

Le Portugal, mené 0-3, a au moins le mérite de réagir avant la pause. A la conclusion d’un cafouillage dans la surface US, Beto ne laisse aucune chance à Brad Friedel, le portier yankee. Dans cette rencontre qui tient tous les supporters en haleine, Pauleta redonne espoir aux Portugais à la 71e minute. L’un de ses centres est dévié dans ses propres filets par Jeff Agoos. Ou l’art de se tirer une bastos dans le pied. Trop tard les Apaches du Tage… Les Etats-Unis l’emportent finalement. Arena peut lever les bras. Bruce trop puissant !

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

LEÔNIDAS (photo ci-dessous) : ce 5 juin 1938, sur la pelouse détrempée du stade de La Meinau à Strasbourg, le jeune attaquant brésilien n’en peut plus de ses chaussures imbibées de boue. Sous l’orage alsacien, le buteur de Flamengo enlève ses godillots au cours de ce huitième de finale disputé contre la Pologne. Mais l’arbitre, le Suédois Ivan Eklind, lui ordonne de les renfiler au plus vite. Règlement oblige. Une contrariété qui n’empêchera pas Leônidas d’inscrire un triplé et de permettre à la Seleção d’arracher la qualification (6-5 après prolongation) au terme d’un match fou !

LUIS FERNANDEZ : contre l’épouvantail soviétique, ce 5 juin 1986 à Leon, les Bleus n’en mènent pas large. Sur une frappe surpuissante de Vasyl Rats, la bande à Platini est même menée. A l’heure de jeu, bien lancé par Alain Giresse, le milieu parisien égalise d’un incroyable sang-froid devant le tsar Rinat Dassaev, le gardien moscovite. Luis Fernandez entrera encore plus dans le cœur des Français, deux semaines plus tard, avec son tir au but décisif contre le Brésil…

ROBBIE KEANE : partie de chamboule-tout à Kashima, en ce 5 juin 2002. Par l’incontournable Miroslav Klose, l’Allemagne mène logiquement contre l’Irlande. Pourtant, dans le temps additionnel en toute fin de match, un jeune attaquant de 22 ans, anonyme sous le maillot de Leeds United à l’époque, déchire le rideau défensif germanique et trompe dans les ultimes secondes Oliver Kahn, fou de rage. Pour fêter son exploit, Robbie Keane s’offre une roue acrobatique pour répondre au salto avant de Klose. Au Japon, c’est gym obligatoire !