BRÉSIL – U.R.S.S. : 2-1

14 juin 1982 – Premier tour, groupe 6 – Estadio Sanchez Pizjuan, Séville (Espagne)

Le choc des mondes. D’un côté, les artistes auriverde et leur futebol chatoyant. De l’autre, le bloc soviétique et des joueurs issus des deux institutions du pays, le Spartak Moscou et le Dynamo Kiev. Mais, finalement, une fois sortis des clichés géopolitiques, y a-t-il tant d’écarts que cela entre ces deux formations ? Niet ! Quoi qu’il en soit, le stade Sanchez-Pizjuan accueille son premier match de légende de ce Mondial espagnol, en attendant, trois semaines plus tard, un certain et pathétique France-RFA…

Et l’affiche de ce groupe 6 ne déçoit pas. D’autant que les hommes de Télé Santana, le sélectionneur brésilien, trouvent à qui causer, en terme d’envolées lyriques et de chorégraphies alléchantes. Il faut dire qu’avec Aleksandr Chivadze, Anatoli Demianenko ou Oleg Blokhine, on fait dans le rutilent chez les tsars. A dix minutes de la pause, c’est la sensation dans les travées de l’arène andalouse : sur un tir lointain, mais a priori inoffensif, d’Andriy Bal, le gardien Waldir Peres imite Darry Cowl dans “Le triporteur“. But gag, maladresse coupable et soupe à la grimace : on vous laisse les trois pour le prix d’un !

Premières failles…

Et voilà ce Brésil, grand favori de l’épreuve, qui montre déjà quelques failles défensives. Des lacunes qui lui coûteront cher, par la suite, dans ce tournoi. Menés pour l’heure 0-1, les artistes sud-américains se cassent longtemps les entalhes sur la muraille soviétique. A un quart d’heure de la fin, le docteur Socrates, frère aîné de Rai, soulage la douleur. D’un maître tir sous la transversale de Rinat Dassaev, il remet la Seleção sur pied.

Et puis, pour boucler cette affiche au sommet de la plus belle des façons, il faut un chef-d’œuvre dans les dernières secondes. Sur un centre venu de la droite, Socrates se sacrifie, d’un petit pont volontaire et plein de spontanéité, Éder hérite du ballon. L’attaquant de l’Atlético Mineiro réussit un enchaînement modèle, avant de décocher une flèche dans la cible soviétique. Magistral ! Sur le fil sévillan, le Brésil s’impose. Les taureaux dansent la samba. Le rêve est total, l’espoir absolu. Pour l’instant…

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

Gerd Müller (photo) : au terme d’un match épique, ce 14 juin 1970 à Leon, à l’occasion des quarts de finale du Mondial mexicain, l’Angleterre et l’Allemagne se retrouvent, quatre ans après la finale de Wembley. Cette fois, la Nationalmannschaft prend sa revanche et, dans la prolongation, c’est l’avant-centre du Bayern Munich, Gerd Müller, qui venge la nation allemande (3-2). “Der Bomber“ en costaud !

Mario Kempes : après un premier tour où il est passé quasi inaperçu, le puissant attaquant du FC Valence se réveille. En ce 14 juin 1978 à Rosario, lors du début du second tour du Mondial argentin, devant son public, “Super Mario“ claque un doublé contre la Pologne (2-0) qui place les Gauchos en première ligne. Et Kempes terminera même champion du monde et meilleur buteur de la compet’ avec 6 pions au total !

Roger Milla (photo) : miracle du football africain. En ce 14 juin 1990 à Bari, le Cameroun, déjà vainqueur de l’Argentine lors du match d’ouverture de ce Mondiale italien (voir le 8 juin), surprend encore. Emmenés par le “Vieux Lion“, à tout juste 40 ans, exilé cette saison-là pour sa préretraite à la Réunion (JS Saint-Pierroise), les gars de Yaoundé croquent du Roumain avec appétit (2-1). Doublé de Roger Milla, plus malin que jamais ! Et le Cameroun se qualifie déjà pour les huitièmes de finale…

Keylor Navas : alors modeste gardien de but en Liga, du côté de Levante, l’ancien portier du Deportivo Saprissa dans son Costa Rica natal, réalise des prouesses dans sa surface, ce 14 juin 2014 à Fortaleza, contre l’Uruguay. Non seulement, les “Ticos“ résistent à la Celeste d’Edinson Cavani mais, en plus, s’imposent contre toute attente (3-1). Le début d’une épopée inoubliable pour Navas, qui signera au Real Madrid à l’issue du Mondial brésilien, et les Costariciens.