ALLEMAGNE – COSTA RICA : 4-2

9 juin 2006 – Premier tour, groupe A – Allianz Arena, Munich (Allemagne)

La chance, ça ne se laisse pas passer. C’est certainement ce qu’a dû penser Philipp Lahm en se préparant pour ce match d’ouverture du Mondial 2006. La FIFA a changé son menu habituel en proposant, en entrée, un premier match avec le tenant du titre. Cette fois, c’est le pays organisateur qui s’y colle. La Nationalmannschaft lance non seulement le bal dans son écrin bavarois mais, en plus, le latéral gauche évolue à domicile, lui le capitaine du Bayern Munich. Six minutes de jeu et l’Allemagne déchaine la foudre. Aérien, Lahm se joue de la défense des “Tacos“ et, d’un maître tir dans la lucarne opposée, ouvre le score. Le prologue d’une prestation spectaculaire.

Jamais une première affiche n’a offert autant de buts. Six au total, avec une attaque germanique impressionnante, mais aussi une défense élastique devant un Jens Lehmann, intermittent du spectacle. Au point où, dans une surface allemande ouverte aux quatre vents, Paulo Wanchope réussit un doublé inattendu. Pour ce début de Mondial, sur un air de flonflon, on distribue les cadeaux, c’est Noël en culotte de peau. Prosit !

Comme souvent, Miroslav Klose joue les brasseurs de service. Mousse abondante. Voilà les Costariciens ramenés à la dure réalité du froid réalisme des triples champions du monde. Un doublé du buteur du Werder Brême et une dernière pépite de Torsten Frings offrent aux joueurs de Jürgen Klinsmann un succès tranquille. Malgré les largesses dans sa surface, la Mannschaft impressionne. Et les 66 000 supporters de l’Allianz Arena jubilent. L’express allemand semble déjà inarrêtable…

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

André Abbegglen : attaquant du FC Sochaux, le Suisse précipite, ce 9 juin 1938 au Parc des Princes, la chute de l’Allemagne nazie. Pourtant donnés favoris, les coéquipiers de Hans Mock, bras tendus et croix gammées sur le cœur au moment des hymnes, doivent rejouer un match d’appui (à l’époque, pas de tirs au but !) après avoir été accrochés lors de la manche initiale (1-1). Soutenue par le public parisien, tout acquis à sa cause, la “Nati“ ne flanche pas. Mieux même : elle vient à bout des adorateurs d’Adolf Hitler (4-2), grâce notamment à un doublé du Genevois Abegglen, héros sur les bords du lac Léman.

Tomas Fernandez : pour une surprise, c’est une surprise ! En huitièmes de finale de cette première Coupe du monde hexagonale, ce 9 juin 1938 au stade Chapou de Toulouse, Cuba déboute la Roumanie, lors d’un match à rejouer (3-3 après prolongation, à l’issue du du premier volet). Et c’est un inconnu de 23 ans, évoluant au CD Centro Gallego, sur son île natale, qui inscrit le but décisif (2-1). Un tel exploit aurait valu aujourd’hui à son auteur un transfert en Europe. Pas à l’époque…

Salvatore Schillaci (photo) : ce n’est pas l’attaquant transalpin le plus réputé ou les plus sexy lorsque débute pour l’Italie sa Coupe du monde à domicile, le 9 juin 1990, au stadio Olimpico de Rome. Face à l’autobus autrichien garé en pleine surface, les Transalpins ont toutes les peines du monde à trouver la faille. Et c’est donc le buteur de la Juventus qui, à la 78e minute, fracture enfin le cadenas adverse. Au terme de ce Mondiale, “Toto“ Schillaci terminera meilleur buteur (6 buts).