Dans quelques jours, débute la 21e Coupe du monde, dont la phase finale est, pour la première fois, organisée en Russie. Dès à présent et jusqu’au jour de la finale, le 15 juillet, Ball of Fame vous retrace au quotidien les rencontres ayant marqué la compétition la plus prestigieuse, et ce depuis 1930. Une plongée au cœur du plus grand des spectacles, aussi à travers les héros qui ont marqué de leur empreinte cette compétition majeure. De Séville à Buenos Aires, de Johannesburg à Séoul, de Saint-Denis à Rio, revivez les grands faits d’arme des éditions précédentes et retrouvez les exploits de ces joueurs entrés dans la légende. Coup d’envoi !

 

LA MANNSCHAFT SUR SON GRAND HUIT

ALLEMAGNE – ARABIE SAOUDITE : 8-0

1er juin 2002, Premier tour, groupe E – Sapporo Dome (Japon)

Et dire que l’Allemagne n’en menait pas large. Au moment d’accoster sur les côtes japonaises, les joueurs de Rudi Völler font profil bas. D’autant qu’une flopée de forfaits est venue assombrir l’horizon teutonique. Deisler, Nowotny, Scholl, Wörns… sont tous restés à l’infirmerie outre-Rhin. Et puis, deux ans auparavant, la dernière expérience sur un grand tournoi, en l’occurrence l’Euro 2000, s’est soldée par un fiasco total et une élimination dès le premier tour, indigne de son standing habituel. Mais, comme un Dracula requinqué à l’approche du crépuscule, la formation germanique retrouve sa soif sanguinaire.

La victime du jour ? L’Arabie Saoudite, pulvérisée dans ce Dôme de Sapporo pour un football sous cloche, n’a guère existée. Toit, toit, mon toit !… Dans la moiteur ambiante, les modestes adversaires en pâtissent. Aux quatre coins du terrain, ça craque de partout. En tout cas, les “Fils du Désert“ ont dressé leurs tentes sur du sable et flanchent sous les assauts d’un spécialiste du “Klose combat“. Démonstration de force. L’attaquant allemand inscrit un triplé et déchiquètent les serres guère acérés du “Faucon vert“. C’est “open bar“ pour Miroslav Klose !

« Le monde doit à nouveau nous prendre au sérieux ! », titre fièrement le lendemain le populaire quotidien Bild Am Sonntag. « Nous allons convaincre ceux qui ne le sont pas, avance même Christian Ziege, l’un des bourreaux des Saoudiens. Je ressens dans cette équipe le même esprit que dans celle qui a gagné l’Euro 1996 ». Rien que ça ! Sur sa rampe de lancement, la fusée allemande ne s’arrêtera qu’un mois plus tard, en finale, contre le Brésil d’un Ronaldo inaccessible et auteur d’un doublé. Cette fois, l’instinct de buteur de Miroslav Klose n’a rien pu y faire…

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

Socrates : l’attaquant brésilien dégaine, ce 1er juin 1986 à Guadalajara, pour les débuts de la Seleção au Mexique contre l’Espagne (1-0). Bon, la Roja, ce jour-là, n’a pas vraiment été aidée par l’arbitre australien, Chris Bambridge. Notamment l’attaquant Michel, privé d’un but valable, après un tir sous la transversale, suivi d’un ballon ayant rebondi dans la cage. Mais, à l’époque, pas de “Goal Line Technology“ !

Jean-Pierre Papin : on est toujours en 1986. Mais du côté de León où l’équipe de France du regretté Henri Michel entame ce Mundial, version sombrero, contre le modeste Canada. Les Bleus débutent timidement et doivent attendre la 79e minute pour arracher la victoire (1-0). Grâce à JPP, auteur d’un coup de casque à bout portant. International depuis à peine quatre mois, Papin aurait pu devenir en un seul match le meilleur buteur de la Coupe du monde, tant il vendangea d’occasions durant cette partie.

Patrick Mboma (photo) : les terrains japonais, il connaît ! L’attaquant des Lions Indomptables a évolué à Gamba Osaka. Alors, quand il foule la pelouse du stade de Niigata, ça ne l’impressionne pas. Et, lors de ce premier match du Mondial 2002 contre l’Eire, personne n’est surpris qu’il ouvre le score. Servi par Samuel Eto’o, “Pat“ s’arrache pour tromper la défense celte. Seulement, lors du second acte, Holland (Matt, pas François !) égalisera pour les Irlandais (1-1).