PAYS-BAS – ESPAGNE : 5-1

13 juin 2014 – Premier tour, groupe B – Fonte Nova Arena, Salvador de Bahia (Brésil)

« Humiliation mondiale »… Dithyrambique avec sa sélection depuis près d’une décennie, le quotidien sportif Marca tombe de haut à Madrid. Il faut dire que la Roja espagnole restait sur deux sacres successifs à l’Euro, mais surtout un premier titre mondial, décroché quatre ans auparavant en Afrique du Sud. Circonstances atténuantes : les joueurs de Vicente Del Bosque tombent alors sur une exceptionnelle formation batave.

L’instant clé du match : Robin van Persie, au sommet de son art, auteur à la 42e minute d’un somptueux but de la tête, conclut d’un saut de l’ange diabolique une action de classe absolue. Dans son but, Iker Casillas est spectateur. Quant à Sergio Ramos et Gerard Piqué, ils semblent encore se balader sur la plage de Farol de Barra. Les Pays-Bas égalisent face aux champions du monde en titre (1-1). Préambule à une lente agonie d’une Espagne à bout de souffle…

La tornade Oranje

Durant le second acte, c’est le festival des Oranje. Le ver est dans le fruit pour l’Espagne. Tour à tour, Arjen Robben (doublé), Stefan de Vrij et Robin van Persie, de nouveau, accablent la défense ibérique. Le tourbillon vire à la tornade. « Nous avons fait un très gros match, lâche ravi, après coup, le jovial Louis van Gaal, sélectionneur néerlandais. Nous sommes restés compacts en défense et nous avons fait preuve de beaucoup de verticalité en attaque. »

Encore sous le choc, son confrère espagnol évoque une claque « absolument inexplicable ». Del Bosque tente quand même d’analyser : « Le bon équilibre qu’on avait en première période s’est cassé face au jeu adverse. Il ne faut pas chercher de responsables. Que personne ne paie seul, on est tous coupables ! » Cinq jours plus tard, le convalescent succombera au Maracanã, cette fois contre le Chili (0-2).

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

Erwin Vandenbergh : tout le monde attendait la première de Diego Maradona en Coupe du monde et chacun s’est régalé devant la future star d’Anderlecht, un jeune buteur flamand (23 ans à l’époque), nettement moins coté. Lors du match d’ouverture en Espagne, ce 13 juin 1982 à Barcelone, entre l’Argentine et la Belgique, c’est lui qui offre le but du triomphe aux Diables Rouges, déjouant tous les pronostics (1-0).

Joël Quiniou (photo) : en ce 13 juin 1986 à Nezahualcóyotl (Mexique), l’arbitre français entre dans les annales en dirigeant le match Uruguay-Ecosse (0-0). 56 secondes de jeu et ce Parisien au sifflet prématuré, pourtant si sympa en dehors des terrains, sort le carton rouge à l’encontre du défenseur de la Celeste, José Batista. L’expulsion la plus rapide en Coupe du monde !

Peter Rufai : alors gardien de but au Deportivo La Corogne, le portier africain s’illustre avec les Super Eagles, ce 13 juin 1998 à Nantes, lors de Nigeria-Espagne (3-2). Luis Enrique, Raúl, Kiko et Amor buttent à plusieurs reprises sur le dernier rempart de Lagos. Éliminée dès le premier tour lors de France 98, la Roja mettra du temps à digérer la contre-performance de la Beaujoire…

Asamoah Gyan (photo) : leader offensif des Black Stars, le buteur du Stade Rennais marque le penalty décisif, ce 13 juin 2010 à Pretoria, lors de Ghana-Serbie (1-0). Redouté par tous les défenses adverses, le longiligne joueur, adulé à Accra, emmène André Ayew et ses “petits frères“ jusqu’en quarts de finale du Mondial sud-africain.