FRANCE – AFRIQUE DU SUD : 3-0

12 juin 1998 – Premier tour, groupe C – Stade Vélodrome, Marseille (France)

Mais c’est qui ce gars survolté qui se permet de tirer la langue à tout le monde ? Le voilà qui court partout, en serrant les poings et la lippe pendante, poursuivi par d’autres bonshommes en bleu… Christophe Dugarry tient sa revanche. Pour les débuts de l’équipe de France dans son Mondial 1998, l’attaquant du Barça (pour quelques jours encore car, durant l’été, l’ancien Girondin rejoindra l’effectif de l’OM), a remplacé prématurément Stéphane Guivarc’h, sorti sur blessure.

Pris en grippe par une partie du public et parfois tête de turc des médias, “Duga“ a pourtant la confiance du sélectionneur, Aimé Jacquet. Certains sont persuadés que, s’il est là, c’est parce qu’il est le pote de Zizou. Navrant ! Et c’est sur un corner de Zidane justement que le mal aimé des Bleus, au premier poteau, surprend les défenseurs “sudaf“ et trompe de la tête Hans Vonk, le portier des Bafana Bafana.

Heureux qui comme Henry…

Ces derniers, dirigés par le Français Philippe Troussier, vont ensuite subir la loi d’un jeune sprinter, à la technique aiguisée et guère impressionné par l’événement. Joker de luxe de “Mémé“, Thierry Henry, à même pas 20 ans, s’éclate dans la surface adverse. Et ce, malgré un mistral à vous arracher les poteaux de corner… Les expérimentés Mark Fish et Lucas Radebe, champions du Continent Noir deux ans plus tôt au pays de Nelson Mandela, sont débordés. Et, pris de vitesse, Pierre Issa, pourtant Olympien de cœur, expédie deux ballons parfaitement dosés de Youri Djorkaeff, puis du gamin des Ulis, dans ses propres filets.

Décriés depuis plusieurs semaines, vilipendés après leur dernier match de préparation, une semaine plus tôt, en Finlande (1-0), Didier Deschamps et ses partenaires font taire leurs détracteurs. Ils lancent surtout leur Mondial de la plus belle des façons. Tout n’est pas parfait, mais le Vélodrome gronde de plaisir. Au fil des jours, comme une trainée de poudre, ce sera tout un pays qui se mettra à vibrer comme jamais.

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

Silvio Piola : attaquant phare de la Lazio dans les années trente, le Lombard est le bourreau de l’équipe de France, ce 12 juin 1938 à Colombes, en inscrivant un doublé lors du quart de France dominé par l’Italie (3-1). Avec son coéquipier Giuseppe Meazza, il est l’un des principaux artisans du second sacre transalpin en Coupe du monde.

Careca (photo) : buteur attitré du São Paulo FC, Antônio de Oliveira Filho, surnommé Careca, réalise un Mondial 1986 au Mexique de tout premier plan. Notamment, lors de Brésil-Irlande du Nord, disputé le 12 juin 1986 à Guadalajara (3-0). Malgré un dernier but contre les Bleus de Michel Platini, ses prestations s’interrompront en quarts. On retrouvera ce puissant attaquant un an plus tard, du côté de Naples, aux côtés d’un certain Diego Maradona.

Hany Ramzy : de confession chrétienne, le défenseur égyptien est l’un des pharaons du football local et fut l’un des héros cairotes lors du Mondiale italien. Notamment, ce 12 juin 1990 à Palerme, en permettant à sa sélection de tenir en échec les Pays-Bas de Gullit et van Basten (1-1), champions d’Europe en titre. Après cette expérience sicilienne, Ramzy (124 capes !) poursuivra sa carrière en Europe, aussi bien en Suisse (Neuchâtel Xamax) qu’en Allemagne (Werder Brême, FC Kaiserslautern, FC Sarrebruck).

Tim Howard (photo) : malgré une maladie génétique, le gardien américain a toujours réalisé de belles sorties avec la Team US. Ainsi, le 12 juin 2010 à Rustenburg (Afrique du Sud), ce natif du New Jersey, qui officie en club du côté de l’Angleterre (Everton), tient en échec des attaquants que le géant barbu connaît bien : ceux des Three Lions, en manque d’inspiration contre les Etats-Unis (1-1). God save the Tim !