ARGENTINE – FRANCE : 2-1

6 juin 1978, Premier tour, groupe 1 – Estadio Monumental, Buenos Aires (Argentine)

Il s’appelle Leopoldo Luque. Alors attaquant de River Plate, le gaucho de Santa Fe, à 29 ans, joue sur du velours devant son public. 75 000 supporters en transe ont envahi les travées de ce Monumental étouffant. Des milliers de papelitos tombent des tribunes où les Français paraissent si petits. Et, à la 73e minute de cet Argentine-France sous tension, ce bon vieux Leopoldo décoche de vingt mètres une “garrapiñadas“ (la praline, en espagnol) qui se fiche au ras du poteau droit de Dominique Baratelli.

C’est le coup de grâce pour la “Francia“ de Michel Hidalgo, pourtant héroïque au cours de ce match décisif qu’il ne fallait surtout pas perdre. Battus pour leur entrée en matière contre l’Italie (voir le 2 juin), les Bleus méritaient ce soir-là un autre épilogue. Mais l’Albiceleste en a décidé autrement… Et l’arbitre aussi ! Rien n’a tourné en faveur des Tricolores, avec ce penalty sévère sifflé juste avant la pause par Jean Dubach, l’homme en noir suisse, aux dépens d’un Marius Trésor malheureux. Sa main paraissait pourtant bien anecdotique…

Il n’en fallait pas plus à Daniel Passarella pour transformer la sanction aux dépens d’un Jean-Paul Bertrand-Demanes qui se blessera au dos durant le second acte. Malgré tous ces malheurs, les Français se rebiffent et, à l’heure de jeu, Michel Platini marque, après un coup de billard, son premier but en Coupe du monde. Et puis… Et puis… Leopoldo Luque sort l’artillerie lourde. 2-1 pour l’Argentine. Didier Six loupe ensuite l’égalisation, le rêve passe. Fin de l’aventure pour les Bleus, éliminés du second tour. Don’t cry for me, Argentina !

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

AMARILDO : Pendant idéal au sein de l’attaque brésilien de Garrincha, Amarildo Tavares da Silveira, de son vrai nom, sort le grand jeu, ce 6 juin 1962 à Viña del Mar (Chili) contre l’Espagne. Auteur d’un doublé, le buteur de Botafogo estourbit la Roja (2-1), renvoyée illico presto à Madrid. Un nouveau titre tend les bras à la Seleção.

FLOREA DUMITRACHE : Disparu trop tôt en 2007 à l’âge de 58 ans, victime d’une hémorragie cérébrale, cet attaquant roumain, vedette du Dinamo Bucarest, s’illustra le 6 juin 1970 à Guadalajara, en marquant un but décisif, sur penalty, contre la redoutable Tchécoslovaquie (2-1).

KARL-HEINZ RUMMENIGGE (photo) : ce jeune attaquant de 22 ans, formé au Bayern Munich, fait ses gammes, ce 6 juin 1978 à Cordoba, contre des Mexicains en pleine sieste. Un doublé de “Charles-Henri“ et l’Allemagne l’emporte sans frisson (6-0). Par la suite, Rummenigge jouera deux finales en 1982 et en 1986, mais sans pouvoir concrétiser son immense talent.