ARGENTINE – CAMEROUN : 0-1

8 juin 1990 – Premier tour, groupe B – Stadio Giuseppe-Meazza, Milan (Italie)

Pour ce match d’ouverture du Mondiale 1990, c’est l’arbitre français Michel Vautrot qui officie au sifflet. San Siro n’a d’yeux que pour Diego Maradona qui, avant le coup d’envoi, jongle comme un enfant dans le rond central. Le numéro 10 argentin brille depuis plusieurs saisons dans la Serie A italienne avec le Napoli. Lui qui offrit le titre à l’Albiceleste quatre ans plus tôt au Mexique. Le capitaine argentin n’a aucune pression. Et ce n’est pas cette sélection africaine qui l’inquiète !

Seulement, les Lions Indomptables ne tremblent pas. Dirigés par l’énigmatique technicien soviétique Valeri Nepomniachi, les fauves camerounais mordent systématiquement les mollets adverses. Oscar Ruggeri, Abel Balbo puis Claudio Caniggia butent systématiquement sur Thomas N’Kono, l’illustre gardien du Cameroun. C’est déjà une surprise : à la pause, l’Argentine n’a pas encore pris le dessus. Les Gauchos doivent apprendre à patienter…

Pô, pô, pô… Pumpido !

La bande à Diego est d’autant plus confiante qu’elle se retrouve très vite en supériorité numérique, après l’expulsion d’André Kana-Biyik dans les rangs camerounais. Ça se tend. Et puis, c’est la stupéfaction à la 67e minute : sur un long centre anodin, François Omam-Biyik s’élève dans les cieux milanais et smashe son coup de tête. Distrait, Nery Pumpido, le gardien argentin, joue les débutants et laisse le ballon lui échapper des mains. Le Cameroun mène 1-0 !

Même un nouveau carton rouge, celui récolté par le défenseur Benjamin Massing, ne change à rien. Réduits à neuf, les Lions Indomptables serrent les crocs, conservent cet avantage et remportent ainsi une victoire historique (la première de leur histoire à ce niveau !) contre les champions en titre. En quittant la pelouse lombarde, Diego a la tête des mauvais jours. Mais tout le monde danse dans le vestiaire camerounais…

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

Just Fontaine : il n’est pas franchement prévu que l’attaquant du Stade de Reims soit titulaire pour cette Coupe du monde en Suède. Pourtant, ce 8 juin 1958 à Norrköping, “Justo“, le jour de sa 6e sélection, dégaine à trois reprises en faveur des Bleus contre le Paraguay, finalement battu 7-3. Et Fontaine terminera meilleur buteur du tournoi, avec 13 réalisations. Le Français détient encore aujourd’hui le record de buts marqués en une seule phase finale.

Michael Laudrup (photo) : passeur et buteur décisif en ce 8 juin 1986 à Nezahualcóyotl, le meneur de jeu danois est à la baguette. Au terme d’une démonstration scandinave inoubliable, les Vikings sabordent le navire uruguayen, malgré la présence de son fier capitaine Enzo Francescoli (6-1). Le Danemark, parfaitement barré par “Miki“ Laudrup, semble insubmersible…

Milan Rapaic : ce 8 juin 2002 à Ibaraki (Japon), l’Italie de Christian Vieri fait largement figure de favorite contre la Croatie. Mais les troisièmes de France 98 sont toujours autant imprévisibles. Menés 0-1, ils réagissent d’abord par Ivica Olic, puis par un milieu gauche plutôt méconnu, Milan Rapaic, en fin de contrat à Fenerbahçe et qui, d’une reprise tire-bouchonnée terminant sa course dans la lucarne de Gigi Buffon, crucifie la Squadra Azzurra. Et les Croates réussissent le hold-up parfait (2-1) !