BRÉSIL – ÉCOSSE : 2-1

10 juin 1998 – Premier tour, groupe A – Stade de France, Saint-Denis (France)

Ce n’est pas tous les jours que l’on organise une Coupe du monde. Soixante ans après sa première phase finale, juste avant la Seconde Guerre mondiale, la France est, pour la seconde fois de son histoire sportive, le théâtre du grand barnum estampillé FIFA. Comme un bonheur n’arrivant jamais seul, le coup d’envoi de la compétition offre l’insigne honneur de lancer les champions du monde brésiliens dans le grand bain.

Ronaldo, Dunga, Bebeto, Roberto Carlos, Tafarel, Cafu, Leonardo… ont bien évité les bouchons autour de la banlieue nord de Paris, entre autoroute A1 et desserte de l’A86, là même où le Stade de France a poussé quelques semaines auparavant. Tout spécialement pour l’événement. Jacques Chirac ouvre un mois de compétition. Dommage, il ne manque que l’immense Romario, privé du voyage et du discours présidentiel, car forfait sur blessure. Ça ne freine pas l’ardeur de ses coéquipiers face au premier adversaire, une Ecosse soutenue dans les tribunes par une fabuleuse “Tartan Army“, ces supporters pacifiques, aussi déjantés qu’enivrés à la bière. Drôles et inoffensifs.

Celtic ou sale toc !

Ça joue depuis à peine cinq minutes lorsque, sur un corner, Cesar Sampaio vient couper au premier poteau. Pas très orthodoxe son coup du deltoïde bolide pour expédier la balle dans le but de Jim Leighton, le portier des Highlands, mais toujours est-il que la Seleção mène déjà 1-0. Mais les Ecossais ne se dégonflent pas et égalisent même avant la pause, grâce au Monégasque John Collins sur penalty.

Il faudra un coup du sort et un incroyable coup de billard, durant le second acte, pour que les “Auriverde“ reprennent l’avantage. Le malheureux Tommy Boyd, le défenseur du Celtic, marque contre son camp un but en sale toc. La samba dionysienne n’en est que plus belle. Cependant, en terme de chants, les supporters rouquins l’emportent largement. « Scotland ! Scotland ! » Dommage, que ce soit à Glasgow ou à Saint-Denis, ça ne rapporte aucun point…

Nicolas Gettliffe

 

LE BUREAU DES LÉGENDES

Angelo Schiavio : cet enfant de Bologne fut l’un des tout premiers héros du football italien. Lors de la première finale d’un Mondial pour la Nazionale, ce 10 juin 1934 à Rome, il offre le but du sacre, lors d’une prolongation haletante contre la Tchécoslovaquie (2-1). Angelo Schiavio disparaît en avril 1990, à 84 ans, à seulement quelques semaines du Mondiale, de nouveau organisé dans la Botte.

Misael Escuti : véritable icône dans son club de Colo-Colo, ce gardien de but chilien vit un rêve, ce 10 juin 1962 à Santiago, en croisant d’abord la route de son idole, l’immense Lev Yachine, le portier d’une équipe soviétique, alors championne d’Europe. Dans ce quart de finale, la Roja sud-américaine crée, qui plus est, la sensation et s’impose 2-1. Ou quand l’élève dépasse le maître…

Lothar Matthäus (photo) : attention, monument ! Ce 10 juin 1990 à Milan, le chef d’orchestre allemand place parfaitement la Mannschaft sur de bons rails. En réussissant un doublé contre la Yougoslavie (victoire de l’Allemagne, 4-1), ce leader naturel, alors star sous le maillot nerazzurro de l’Inter, conduira sa sélection jusqu’au titre suprême. Avec cinq Coupes du monde à son actif (de 1982 à 1998), Lothar Matthäus détient le record de matches disputés en phases finales, 25 au total !